Le tissu conjonctif est l’un des quatre types de tissus biologiques du règne animal qui soutient, lie, ou distingue différents types de tissus et d’organes du corps. Il tient son origine dans le mésoderme, au moment de la gastrulation, lors du développement embryonnaire. Les trois autres types de tissus sont l’épithélium, le tissu musculaire et le tissu nerveux. Le tissu conjonctif se place entre d’autres tissus du corps, comme ceux du système nerveux. Le tissu conjonctif compose notamment les membranes externes qui enveloppent l’encéphale et la moelle spinale, ces deux constituant le système nerveux central, touchant la substance grise et la substance noire, la plus profonde. Il compose aussi les os, les vaisseaux sanguins et le sang, tous les organes comme les yeux, la peau, etc. et constitue 80 % du corps humain.
Mis à part le sang et la lymphe, les tissus conjonctifs possèdent trois principaux constituants : les fibres élastiques et collagéneuses, la substance fondamentale et la cellule. Ils s’immergent dans un liquide corporel aqueux. Les cellules des tissus conjonctifs sont les fibroblastes, les adipocytes, les macrophages, les mastocytes et les leucocytes.
On associe souvent le tissu conjonctif aux signes de faiblesse ou de vieillissement comme les rides, les plis, la cellulite, ou encore à des tissus qui se sont relâchés et qu’on aimerait raffermir.
Mais, on retrouve également une forme dense du tissu conjonctif dans les tendons, les ligaments et les capsules articulaires. Associés aux os – produits eux aussi à partir de tissu conjonctif – ces éléments forment le tissu de soutien de l’organisme ; il a d’autres fonctions essentielles, comme la cicatrisation.
Des fonctions peu connues du tissu conjonctif

- Contraction, fermeture des plaies et formation de cicatrices, tous ces processus sont assurés par le tissu conjonctif lâche.
- Puisque les capillaires ne pénètrent pas dans les cellules, le tissu conjonctif lâche régule aussi le métabolisme en acheminant l’oxygène et les nutriments de la circulation sanguine vers les cellules, et en déversant leurs déchets dans les capillaires.
- A cela s’ajoute la fonction sensorielle : les fascias contiennent six fois plus de capteurs de mouvement et de nocicepteurs que le tissu musculaire. Le tissu conjonctif est donc aussi un organe sensoriel essentiel à la proprioception, à l’intéroception et à la nociception.
- La proprioception désigne la perception des différentes positions qu’adopte le corps dans l’espace ; ou la tête, le tronc et les membres les uns par rapport aux autres ; ainsi que ses mouvements.
- L’intéroception désigne les sensations subjectives telles que la chaleur, l’ampleur ou l’exiguïté, la légèreté ou la lourdeur, les picotements, les pulsations, l’écoulement de liquides, mais aussi l’affection spontanée ou l’excitation sexuelle.
- La nociception, quant à elle, fait référence à la perception de la douleur.
Les composantes du tissu conjonctif

Le tissu conjonctif se compose majoritairement de fibroblastes, qui produisent les structures de la matrice extracellulaire (MEC), d’autres types de cellules, ainsi que de la MEC elle-même. La MEC, quant à elle, contient la substance fondamentale et deux types de fibres, l’élastine et le collagène.
Les fibres de collagènes sont formées à partir de trois longues chaînes de protéines qui, misent sous tension, s’enroulent les unes autour des autres et se durcissent. Le collagène peut résister à une force de traction allant jusqu’à une tonne par centimètre carré. Les fibres d’élastine, au contraire, forment des sortes de réseaux et s’étirent pour atteindre jusqu’à 150 % de leur taille initiale et retrouver ensuite leur forme de départ sans subir de dommages. Ces deux types de fibres rendent le tissu conjonctif à la fois élastique et résistant.
Il doit sa malléabilité, son caractère lisse ou collant à la substance fondamentale, une sorte de gel à base d’eau et de molécules matricielles (des protéoglycanes, principalement). Ces grosses liaisons sucre-protéine retiennent l’eau et les nutriments et régulent la charge électrique et la tension du tissu conjonctif.
Les transferts d’oxygène et de nutriments évoqués plus haut font également partie du cahier de charges de la substance fondamentale. Avec ses protéoglycanes, elle agit comme une sorte de passoire moléculaire à travers laquelle doit se faire le métabolisme, mais aussi l’échange d’informations entre les voies nerveuses et les cellules. En effet, les extrémités des nerfs transmettent également leurs signaux électriques aux cellules à travers la substance fondamentale, car elles ne peuvent les atteindre directement. – Pour résumer, les principales composantes du tissu conjonctif sont:
- les fibroblastes et d’autres cellules
- les fibres d’élastine et de collagène
- les molécules matricielles (des protéoglycanes, pour la plupart)
- l’eau
3 et 4 constituent la substance fondamentale.
2, 3 et 4 constituent la matrice extracellulaire (MEC). Celle-ci représente un volume de 15 litres pour un poids corporel de 75 kg. Nous avons donc trois fois plus de MEC que de sang dans notre corps.
Le tissu conjonctif lâche
La majeure partie du tissu conjonctif de l’organisme est de type lâche, souple et semblable à un gel, car le peu de fibres qu’il contient sont recouvertes d’une grande quantité de substance fondamentale.
On le retrouve partout dans l’organisme ; il retient l’eau, remplit les espaces entre les structures et accueille les cellules immunitaires en libre circulation. Il entoure tous les vaisseaux sanguins et les nerfs, stabilise et protège les organes, et fait glisser les muscles les uns contre les autres. La peau, les ganglions lymphatiques, les muqueuses, les glandes et l’interstitium pulmonaire en contiennent également.
Le tissu conjonctif dense
On retrouve le tissu conjonctif dense dans les zones exposées à d’importantes forces de traction. Il sert principalement à répartir les forces et à connecter les muscles ou les organes. Son espace extracellulaire contient très peu de substance fondamentale, mais il est riche en fibres de collagène, principalement.

Sa composition exacte dépend de la traction auquel le tissu est soumis. Lorsque la traction est multidirectionnelle, les fibres de collagène se chevauchent pour former un enchevêtrement dense. Les capsules articulaires, le tissu conjonctif des cavités osseuses, les cartilages et les fascias en sont d’excellents exemples. Les fascias forment plusieurs couches de fibres de collagène uniformes. Ce n’est qu’une fois réunies qu’elles acquièrent leur caractère dense et irrégulier. On considère donc que les fascias musculaires figurent parmi les structures denses, à fibres parallèles, comme les tendons et les ligaments.
Les tendons sont des tissus conjonctifs denses qui attachent les muscles aux os. Ils sont soumis à une traction unidirectionnelle ; leurs fibres de collagène sont donc parallèles.
Les ligaments sont des tissus conjonctifs denses qui relient les os entre eux. Ils contiennent eux aussi des fibres de collagène parallèles, ainsi qu’une grande quantité de fibres d’élastine.
Les os sont essentiellement des ligaments minéralisés, et les ligaments des os déminéralisés. Un simple test suffit à le démontrer : un os de poulet propre trempé pendant deux semaines dans du vinaigre ne devient pas friable. Au contraire, il devient caoutchouteux.
Perspectives
Partout, le tissu conjonctif souple et régulateur se transforme en tissu conjonctif tendu, composé de fibres de collagène. Toutes les formes de tissu conjonctif sont liées et forment le système fascial ou «un seul fascia ». La recherche sur les fascias est en train de percer leurs secrets et d’apporter un nouvel éclairage sur les douleurs chroniques.
Les douleurs dorsales non spécifiques trouvent probablement leur origine dans le fascia lombaire. Et le fait que la lutte du système immunitaire se déroule principalement dans le tissu conjonctif et y laisse ses traces pourrait également contribuer à une meilleure compréhension des troubles immunitaires.
Fascia ou tissu conjonctif ?
Dans la recherche moderne, en fasciathérapie ou en marketing, on utilise souvent ces deux termes comme s’ils étaient de parfaits synonymes, ce qui n’est pas complètement faux. En latin, fascia signifie bel et bien « bande », « bandeau » ou « bandage », mais ne gommons pas les différences sémantiques ; réserver le terme fascia au tissu conjonctif dense, riche en fibres de collagène peut faire sens.
Sources
- Fascia: The Tensional Network of the Human Body – Peter Huijing, Thomas W. Findley, Robert Schleip
- Functional Atlas of the Human Fascial System – Carla Stecco
- «Luzia», du Cirque du Soleil: destination de rêve – Le Devoir

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