Il y a une chanson de Madonna qui me traverse toujours de la même façon : « Ray of Light ». Dès les premières notes, quelque chose s’ouvre, s’accélère, s’envole. C’est une chanson qui parle de vitesse, de lumière, de vertige heureux. D’un être minuscule perdu dans l’immensité de l’univers, et pourtant traversé par un sentiment d’infini. Une célébration presque mystique de la simple joie d’être vivant. Ce qui me bouleverse dans cette chanson, c’est qu’elle capte un état rare : ces instants où l’on se sent soudain pleinement en vie. Où le monde semble vibrer plus fort, où l’on a l’impression de se dilater, de faire partie de quelque chose d’immense. Ces moments d’ivresse pure, sans raison particulière, où l’existence nous paraît un miracle vertigineux. Nous les connaissons tous, ces éclats : ils arrivent sans prévenir. Une musique qui nous emporte. Une lumière rasante en fin de journée. Une course, une danse, un rire qui ne s’arrête plus. Un instant où l’on cesse de penser, de ruminer, de calculer, pour être simplement là, traversé par la vie qui bat. Ces moments ne durent pas, mais ils nous rappellent de quoi nous sommes faits. Car nous passons tellement de temps le corps lourd, l’esprit encombré, les épaules chargées. Et puis, parfois, quelque chose nous soulève : on se sent léger, rapide, lumineux, comme un rayon qui file. On touche à cette part de nous qui n’est pas faite pour ramper, mais pour s’élancer. Ces instants ne sont pas anecdotiques : ils sont peut-être ce que la vie a de plus vrai à nous offrir. La preuve que, sous la fatigue et les habitudes, brûle en nous une énergie folle, une capacité de joie que rien n’a éteinte. Il suffit parfois d’un rien pour la rallumer. Alors, ne les négligeons pas, ces éclats de lumière. Cherchons-les, accueillons-les, laissons-les nous emporter quand ils viennent. Quand avons-nous senti, pour la dernière fois, cette légèreté fulgurante d’être en vie ? Je nous souhaite des rayons de lumière. De ces instants où l’on file, léger, traversé par la joie brute d’exister.
Marie Robert in philosophyissexy
Les publications de Marie Robert ne sont pas sans résonner avec nos pratiques. Elle, quand elle se réveille, c’est aux autres qu’elle pense ; c’est à nous qu’elle pense. Elle se demande ce qu’elle peut bien nous souhaiter. Ce qu’elle peut nous souhaiter de doux, de beau, de fort : ce qu’elle peut nous souhaitant de réconfortant. Le texte est toujours bien senti, précis, étrangement long pour un post Instagram, porté par une photo en noir et blanc. C’est ce texte qui se conclut par un souhait. Ouvrir son cœur chaque matin à la tendresse d’un souhait, et même quand la vie est dure, peut-être même surtout quand la vie est dure, nous rappeler le mot de Marc-Aurèle : « la douceur est invincible ». Mais est-ce si vrai ? La douceur est-elle toujours possible ? Est-elle le secret de la pédagogie, de l’amour, de la philosophie ? En tous cas, elle est le secret de nos pratiques : taiji quan, qi gong, méditation.
Marie Robert a 37 ans, après des études de philosophie à la Sorbonne, et après avoir enseigné à l’Université René Descartes, elle a fondé quatre écoles Montessori, à Paris, Clichy et Marseille et une crèche. Sa passion pour la transmission la pousse à s’interroger sans cesse sur la meilleure façon de remettre la discipline philosophique au cœur de notre quotidien. Auteure de best-sellers, son premier livre, Kant tu ne sais plus quoi faire… il reste la philo, paru chez Flammarion en 2018, a été traduit dans plus de quinze pays, dont les États-Unis. Elle vient de sortir son cinquième ouvrage Une année de philosophie. Elle est aussi la créatrice du podcast Philosophy Is Sexy aux 4 millions d’écoutes et du compte Instragram du même nom sur lequel elle accompagne 170 mille personnes chaque matin. Quel que soit le support, la perspective est toujours la même : penser sa vie et vivre sa pensée en mettant la philosophie au centre de nos vies.

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