La compréhension de wuwei dans le taijiquan

Cette vidéo nous montre le grand maître Huang Xingxian (1910 – 1992) exprimer le principe de pousser (按 àn). Il est à remarquer que si le caractère 按 àn a été traduit en Occident dans le contexte du taijiquan par pousser, un dictionaire chinois-français nous propose : presser, appuyer sur ; mais aussi contenir, contrôler, restreindre, réprimer.

Le non-agir (無爲 wú wéi), pour les taoïstes, il s’agit d’agir en conformité avec l’ordre cosmique originaire (源 yuán), le mouvement (動 dòng) de la nature (自然 zì rán) et de la voie (道 dào).

Dans la pratique du taijiquan, la véritable maîtrise découle d’une compréhension profonde (深刻体悟 shēn kè tǐ wù) du wuwei, dans ce contexte, un état naturel (自然状态 zì rán zhuàng tài) libre de toute limitation et contrainte auto-imposée (不设限 bù shè xiàn).

Nombreux sont ceux qui, lors de la pratique des formes (套路 tào lù) et de la poussée des mains (推手tuī shǒu), s’enferment dans des perceptions figées, considérant la main comme une simple main et le corps comme un simple corps, limitant ainsi leurs mouvements et entravant leur intention (意念受阻 yì niàn shòu zǔ).

Pour intégrer pleinement le wuwei, il est essentiel de se libérer des contraintes que l’on s’impose. Dans la pratique de la poussée des mains et des formes, il ne faut jamais définir les mouvements par des formes rigides. Lorsque la main n’est plus confinée à la forme d’une main, elle devient le fondement de la circulation (流转 liú zhuàn) de l’énergie interne (内劲 nèi jìn) ; lorsque le corps (身體 shēn tǐ) n’est plus confiné à la structure d’un corps (軀體 qū tǐ), il se transforme (化為 huà wéi) en un tout unifié (整體 zhěng tǐ) qui s’adapte (隨緣 suí yuán) aux circonstances changeantes (應變 yìng biàn).

Chaque mouvement (動作 dòng zuò) devrait se révéler (流露 liú lù) comme une expression naturelle (相的自然 xiàng de zì rán), sans forme (無形無 wú xíng wú) ni contour. Ce n’est qu’en lâchant prise (放下 fàng xià) et en renonçant à toute forme de contrôle (控制 kòng zhì) , de résistance et de confrontation (對抗 duì kàng), et en nous libérant des carcans de nos pensées, que nous pourrons véritablement nous abandonner aux autres et nous adapter aux circonstances changeantes (順應變幻 shùn yìng biàn huàn).

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