Il y avait longtemps que je ne m’étais rendu au musée Goya à Castres, ma ville natale. J’en avais le souvenir d’un lieu que j’appréciais mais qui m’apparaissait d’un autre âge. J’en aimais le classicisme ; cet ancien palais épiscopal fut construit au XVIIe siècle selon le plan du grand architecte de Versailles, Jules Hardouin-Mansart. Le batiment abritait également en ce temps (celui de ma jeunesse) la bibliothèque que je fréquentais assiduement. Des fenêtres on peut toujours admirer le jardin dont les parterres de broderies et d’arabesques sont aménagés à la manière des jardins royaux tels que dessinés par André le Nôtre.
Amoureux de l’Espagne, de la Catalogne, de Mare nostrum, je n’ai pu résister à la proposition de Lumières d’Espagne du musée Goya. J’y ai effectivement retrouvé cette lumière qui m’émeut tant ; mes photographies ne rendent pas justice à ces peintures magnifiquement mis en valeur par la rénovation du musée terminée en 2023.















Si les grands noms de l’art espagnol de la fin du XIXe et du début du XXe siècles sont mondialement réputés (Dalí, Miró, Picasso, etc.), une large partie de la création artistique de cette période reste aujourd’hui encore méconnue. Pourtant, de nombreux artistes actifs entre les années 1880 et 1920 ont fait preuve d’une grande vitalité et inventivité, notamment dans le domaine du paysage, en peignant des scènes de plein air animées de somptueux effets de lumière, dans le sillage de certains peintres impressionnistes et postimpressionnistes.
Les artistes présentés dans l’exposition Lumières d’Espagne. 1880-1920 tels qu’Anglada-Camarasa, Agrasot, Beruete, Guiard, Mir, Muñoz Degrain, Regoyos, Rico, Roig, Rusiñol ou encore Sorolla, ont en effet été des acteurs à part entière du monde de l’art de cette époque, en relation constante avec les grandes capitales européennes, Bruxelles, Paris et Rome. Animés par la volonté de montrer une Espagne authentique, marquée par la diversité de ses paysages et de ses identités régionales, ils ont profondément renouvelé le sujet dans une réelle diversité.






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