Le yin ~ yang dans la pathologie

Illustration de l'application du Yin et du Yang en pathologie de la médecine traditionnelle chinoise

Toute pathologie peut se ramener à une rupture de l’équilibre dynamique du yin ~ yang, c’est-à-dire à la perte de l’état du yin équanime (陰平 yīn píng) et du yang secret (陽秘 yáng mì).

陰平陽秘
yīn píng yáng mì
精神乃治
jīng shén nǎi zhì

黄帝内经 Huángdì nèijīng

Lorsque le yin et le yang sont en équilibre, l’esprit est en paix, cette phrase tirée du Classique interne de l’Empereur Jaune (黄帝内经 Huángdì nèijīng), est l’un des principes fondamentaux de la Médecine Traditionnelle Chinoise pour la préservation de la santé et le traitement des maladies.


En effet, bien que le yin et le yang soient naturellement soumis à des variations d’amplitude complémentaires (quand l’un augmente, l’autre diminue), ces variations ne doivent pas dépasser une certaine mesure. Une augmentation ou une réduction extrême conduit inévitablement à la maladie.

L’apparition des maladies et leur évolution dépend de deux facteurs qui s’opposent :

  • L’énergie saine du corps, le souffle correct (正氣 zhèng qì), facteur de résistance à la maladie.
  • L’énergie pathogène, le souffle pervers (邪氣 xié qì), terme générique qui regroupe toutes les catégories de facteurs pathogènes.

Le souffle correct (正氣 zhèng qì) comprend des aspects yin [ essence (精 jīng), sang (血 xuè), liquides organiques (津液 jīn yè) … ] et des aspects yang [ activité fonctionnelle des viscères, production de chaleur …].

Le souffle pervers (邪氣 xié qì), selon sa nature précise, peut être de nature yin (froid, humidité …), de nature yang (chaleur, vent …) ou, dans les cas complexes, comporter une combinaison des deux aspects. Quoi qu’il en soit, pour une pathologie donnée et à un moment précis, xié qì est soit de prédominance yin, soit de prédominance yang.

Le souffle correct (正氣 zhèng qì) ne peut induire une pathologie que par sa diminution (il ne peut pas y avoir d’excès de santé). On parle donc de maladies par vide (虚 xū). Il peut s’agir d’un vide de yin, d’un vide de yang ou, dans certains cas, d’un vide de yin et de yang.

Le souffle pervers (邪氣 xié qì) ne peut induire une pathologie que par son excès (il ne peut pas y avoir d’insuffisance de morbidité). On parle donc de maladies par plénitude (實 shí). Il peut s’agir d’une plénitude de yin, d’une plénitude de yang ou d’un excès combiné de yin et de yang.

Le yin pathogène a tendance à se sur-ajouter au yin du corps et à affaiblir le yang du corps. Le yang pathogène a tendance à se sur-ajouter au yang du corps et à affaiblir le yin du corps. D’autre part, conformément à ce qui a été développé au chapitre Transformation du yin ~ yang, un aspect, s’il est très excessif, peut se transformer totalement dans l’autre.


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