Relations pathologiques des cinq mouvements

Le dieu des nuages et le grand seigneur du destin par Fu Baoshi

Les cinq mouvements (五行 wǔ xíng) représentant des étapes particulières dans les mutations (易 yì) du souffle (氣 qì), sont interdépendants et en permanente relation les uns avec les autres. Ils sont plus particulièrement reliés entre eux selon quatre modalités. Deux sont physiologiques et deux autres pathologiques.

Relation d’oppression


Dans le cycle d’oppression (相乘 xiāng chéng) chacun des cinq mouvements peut, dans une situation de déséquilibre, profiter de la faiblesse du mouvement qui le suit pour le conquérir ou l’opprimer, selon le même ordre que celui du cycle de domination. Le cycle chéng est un excès du cycle kè.

Ce type de relation survient lorsque, entre deux éléments naturellement reliés par le cycle kè (par exemple, le bois et la terre), le mouvement dominateur devient exagérément puissant (le bois trop fort et la terre normale) ou le mouvement dominé devient exagérément faible (le bois normal et la terre trop faible). Dans les deux cas, la différence entre dominateur et dominé est excessive, ce qui conduit à un abus du premier sur le second.

Illustration du cycle de subjugation

Cette situation est pathologique, mais la relation se déroule dans le sens légitime de domination des cinq mouvements.

Relation d’outrage

Dans le cycle d’outrage (相侮 xiāng wǔ) chacun des cinq mouvements peut, dans une situation de déséquilibre, brutaliser, mépriser, se révolter contre celui qui a naturellement pour fonction de le dominer. C’est pourquoi, la relation d’outrage est parfois appelée révolte (反侮 fǎn wǔ).

Illustration du cycle de restriction

La relation d’outrage est la forme la plus sévère des relations pathologiques au sein des cinq mouvements, car elle exprime un déséquilibre à la fois dans l’ordre et dans la puissance relative. Non seulement l’élément dominateur n’a pas la force de jouer son rôle et se laisse contrôler par son vassal mais, en plus, l’élément qui devrait être dominé devient tyrannique envers son suzerain.

De même que les deux cycles physiologiques shēng et kè se complètent, les deux cycles pathologiques chéng et wǔ s’associent. Lorsqu’un mouvement est en excès, il opprime celui qu’il contrôle (chéng) et se révolte contre celui qui le domine (wǔ). Lorsqu’un mouvement est en insuffisance, il est opprimé par celui qui le domine et subit la révolte de celui qu’il devrait dominer. Par exemple, le bois (木 mù) domine naturellement la terre (土 tǔ), et il est lui-même contrôlé par le métal (金 jīn). En cas d’excès du bois, la terre est opprimée, le métal affaibli par l’outrage venant du bois. Normalement, la terre est la mère du métal, elle le nourrit, l’entretient et le restaure. D’autre part, elle contrôle l’eau  (水 shuǐ), mère du bois. Du fait de la tyrannie du bois, la terre ne peut jouer aucun de ses deux rôles. Donc, le métal n’a aucun espoir de recontrôler le bois et, la terre ne contrôlant plus l’eau, celle-ci devient puissante et renforce indirectement son fils, le bois. Dans cette situation, l’ensemble du système est perverti et le déséquilibre va en s’ag-gravant.

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