Relations physiologiques des cinq mouvements

Paravent paysage à quatre panneaux, Zhang Handong

Les cinq mouvements (五行 wǔ xíng) représentant des étapes particulières dans les mutations (易 yì) du souffle (氣 qì), sont interdépendants et en permanente relation les uns avec les autres. Ils sont plus particulièrement reliés entre eux selon quatre modalités. Deux sont physiologiques et deux autres pathologiques.

Relation d’engendrement

Illustration du cycle d'engendrement


Le cycle d’engendrement (相生 xiāng shēng) signifie que chacun des cinq mouvements peut favoriser le développement du mouvement qui le suit selon l’ordre dit d’engendrement (生 shēng) : bois (木 mù) → feu (火 huǒ) → terre (土 tǔ) → métal (金 jīn) → eau (水 shuǐ).

Dans ce cycle perpétuel, chaque mouvement entretient un rapport privilégié avec celui qui le précède, donc qui l’engendre, traditionnellement appelé sa mère, et avec celui qui le suit, donc qu’il engendre, traditionnellement appelé son fils. Par exemple, l’eau est la mère du bois et le feu est son fils.

Relation de domination

Le cycle de domination (相克 xiāng kè) signifie que chacun des cinq mouvements peut contrôler, réfréner, contenir le développement du mouvement qui le suit selon l’ordre dit de domination : feu (火 huǒ) → métal (金 jīn) → bois (木 mù) → terre (土 tǔ) → eau.

On retiendra donc, selon le Su Wen, que le métal coupe le bois, l’eau éteint le feu, le bois couvre la terre, le feu fond le métal et la terre endigue l’eau .

Dans ce cycle, chaque mouvement entretient des relations privilégiées avec celui qui le domine et avec celui qu’il domine. Par exemple, le bois est dominé par le métal mais il domine lui-même la terre.

Illustration du cycle de maîtrise

Le cycle de domination est complémentaire du cycle d’engendrement. En effet, on ne peut imaginer une croissance perpétuelle sans mécanisme de régulation. Ces deux cycles sont comparables, dans l’art équestre, aux jambes du cavalier qui donnent l’impulsion et aux mains qui la contrôlent. On peut également prendre l’exemple d’une automobile pour laquelle la puissance de l’accélération et la capacité de freinage doivent être proportion-nelles.
La combinaison de ces deux lois, engendrement et domination, fait que chaque mouvement entretient des relations privilégiées avec les quatre autres, c’est-à-dire celui qui l’engendre, celui qu’il engendre, celui qui le domine et celui qu’il domine.

Illustration du cycle d'engendrement et de maîtrise

On peut symboliquement représenter ces quatre relations de la manière suivante:

  • l’empereur est le mouvement principalement concerné [le feu (火 huǒ), par exemple] ;
  • celui qui l’engendre est la mère de l’empereur [le bois (木 mù), dans cet exemple] ;
  • celui qu’il engendre, c’est-à-dire à qui il confère une partie de son autorité, est son ministre [la terre (土 tǔ), ici] ;
  • celui qu’il domine est l’ennemi vaincu, qu’il doit savoir contrôler avec fermeté mais sans tyrannie [le métal (金 jīn), ici] ;
  • celui qui le domine est son conseiller, celui qui exerce une influence décisive sur les décisions de l’empereur et atténue son autorité excessive (l’eau [水 shuǐ), ici].

Lorsque le fonctionnement physiologique normal de ces deux cycles shēng et kè, avec les quatre types de relations privilégiées qui en découlent, est perturbé, des relations anormales s’établissent au sein des cinq mouvements. Il s’agit de perversions du cycle kè qui s’exprime de manière abusive ou à contre-courant.


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